Être une femme dans la tech : le regard de Crina, consultante chez Nakama
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En France, les femmes représentent moins d'un quart des emplois dans le numérique. Un chiffre qui interroge et qui mérite qu'on aille au-delà des statistiques pour comprendre ce qui se passe vraiment sur le terrain.
Crina est ingénieure chez Nakama depuis 2021. Elle a accepté de nous parler sans filtre de son parcours, de ce que c'est de travailler dans un milieu encore largement masculin, et de ce qu'elle dirait à toutes les femmes qui hésitent à se lancer.
Un parcours qui s’est construit par passion
La tech, pour Crina, ça a toujours été une évidence mais pas forcément un choix totalement conscient. Fille d'ingénieur, attirée par les maths et la physique depuis le lycée, elle intègre Polytech Annecy après le bac. « Ingénieure, c'était sur la bouche de mes parents en permanence. Ça paraissait logique de suivre cette voie. »
C'est pourtant en prépa qu'une vraie passion se révèle, lors d'un cours de robotique. L'exercice : programmer un petit robot Lego pour qu'il suive une ligne d'un point A à un point B. Le jour de la course, le robot de Crina et son binôme est le plus lent. Mais il est aussi le plus précis. Tous les autres se font disqualifier en sortant de la ligne. Le leur finit seul, premier. « C'était ma petite fierté du moment. » Une anecdote anodine, mais qui dit quelque chose d'essentiel sur son rapport à la tech : la rigueur et la précision priment sur la vitesse.
Elle choisit ensuite la spécialité IAI (Instrumentation, Automatique, Informatique) et c'est là que l'informatique devient vraiment son terrain. Un stage de fin d'études à Lyon, et c'est là que Nakama entre dans l'histoire, en 2021.
Sa passion pour la technologie existait depuis longtemps. Petite, elle lisait les notices des gadgets de ses parents pour comprendre comment ça fonctionnait. Mais l'idée de devenir développeuse, elle ne l'avait jamais vraiment envisagée. « Ça s'est développé au fur et à mesure de ma spécialisation. C'est la curiosité qui m'a menée là. »
Minoritaire, mais jamais exclue
En cycle ingénieur, Crina fait partie des 3 seules filles d'une promotion d'une vingtaine de personnes. Une réalité qu'elle observe, sans qu'elle ne l'empêche d'avancer. « En études, on était tous là pour apprendre et s'améliorer. On était égaux dans ce statut-là. Je n'ai jamais subi de discrimination autour de mon sexe. »
Elle s'adapte, elle s'ouvre. Pour avoir des sujets de conversation avec ses camarades, elle s'intéresse à leur univers et découvre, au passage, une passion pour les jeux vidéo en multijoueur. Un exemple parmi d'autres de sa façon d'aborder les choses : trouver ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.
Aujourd'hui, dans sa vie professionnelle, ce qu'elle identifie comme sa vraie difficulté, c'est la confiance en soi. Pas un problème extérieur, mais une pression intérieure. « Je me suis mis en tête qu'on allait moins m'écouter ou moins peser mes propos parce que je suis une femme. » Elle a trouvé sa réponse à ça : s'affirmer, montrer qu'elle sait de quoi elle parle, gagner sa crédibilité par le travail et par la constance. « Au final, on est tous là pour faire du bon travail et construire de la qualité ensemble, sans regard à qui on est ou d'où on vient. »
Ce qu'elle pointe aussi avec beaucoup de justesse, c'est l'importance de la représentation. Pas pour créer des séparations, mais pour avoir des repères. « Travailler avec des hommes ne me dérange pas du tout. Mais quand il y a d'autres femmes dans ma mission, je sens moins la pression d'être la seule à représenter mon genre. Ça me permet aussi de voir comment une autre femme se débrouille dans ce milieu. C'est rassurant, et motivant. »
Chez Nakama : se sentir considérée pour ce qu’elle apporte
Ce qui fait que Crina se sent à sa place chez Nakama ? La réponse est directe : « On m'a toujours considérée telle quelle. » Pas de posture, pas de traitement différencié. Une culture où chacun a sa place pour ce qu'il apporte, pas pour qui il est.
Elle note aussi qu'il y a toujours eu au moins une autre consultante dans l'équipe depuis qu'elle est arrivée. Un détail qui, pour elle, compte vraiment. Parce que la représentation, même à petite échelle, change quelque chose dans la façon de se projeter et de se sentir légitime.
Son message aux femmes qui hésitent
Si elle devait s'adresser à une femme qui hésite à se lancer dans la tech, Crina ne chercherait pas à minimiser les difficultés. Elle préférerait parler des opportunités et d'une conviction simple :
« Concentre-toi sur ce que tu aimes, et la place se créera pour toi. Des fois on a trop tendance à se fixer sur le verre à moitié vide, alors qu’en réalité, il y a plein d’opportunités pour les femmes dans le monde de la tech qui n’attendent que nous. »
Un message qui résume bien l'approche de Crina : lucide sur les réalités du secteur, mais résolument tournée vers ce qui est possible. La tech n'est pas un monde parfait. Mais c'est un monde où les femmes ont toute leur place et où certaines, comme elle, s'épanouissent vraiment.