Salut,

Moi c’est Jérémy, développeur Angular chez Nakama. En ce moment en mission chez un client à Lyon, je suis arrivé là au terme d’un processus de reconversion.

Je vais partager ici mon témoignage, afin de, qui sait, lancer une vocation similaire à la mienne. Cette reconversion dont il est question s’est avérée être une longue et tortueuse route parsemée d’échecs et de réussites.
Je n’étais pas du tout prédestiné à me retrouver à travailler dans ce monde merveilleux qu’est l’informatique et je reviendrai sur ce point dans quelques instants.

Le profil typique de l’ingénieur en informatique (celui que j’ai croisé le plus souvent) est quelqu’un qui est passé par la filière scientifique, puis par une prépa et évidemment, par une école d’ingénieur.
En général, cette personne poursuit en contrat dans l’entreprise où elle a réalisé son stage.

Mais il y a eu au fil des années un petit grippement dans la mécanique : l’informatique en général et plus spécifiquement le développement informatique est l’un des rares domaines où les offres d’emplois sont supérieures aux demandes d’emplois. Si bien que ce domaine a plus que jamais le vent en poupe auprès des individus qui veulent donner un sens différent à leur carrière. Stabilité de l’emploi, salaires élevés, forte communauté, nombreux domaines d’application…
Il serait futile de lister tous les avantages à travailler dans le secteur.

Pendant longtemps, le développement était surtout centré autour de la création de logiciels. S’en est suivi l’ère des jeux vidéo dans les années 80 (dont le surplus de création a créé le krach de l’industrie en 1983). Puis vint le Big Bang : le Web 1.0, créé en 1989. La création et la démocratisation d’internet – et du web en particulier – ont profondément changé nos sociétés. Les premières années du web dans les années 90 ont été plutôt timides côté innovations avec des sites simplement statiques, puis le Web 2.0 est apparu (le terme apparaît pour la première fois en 1999) et surtout, les smartphones.
Toutes ces applications mobiles, tous ces sites web pour tout usage, disponibles directement dans notre poche, il faut bien des gens pour les coder n’est-ce pas ?
A l’ère du Web 3.0 (aux contours encore flous mais disons que l’idée serait un web décentralisé) qui pointe le bout de son nez, la demande n’est pas prête de s’arrêter, loin de là.

Le cours d’histoire, c’est très bien, vous vous dites sûrement, mais on ne voit toujours pas le rapport avec la choucroute. Figurez-vous que j’ai un profil littéraire à la base : j’ai obtenu un Master 1 en Histoire Moderne et Contemporaine puis un Master 2 Relations Internationales mention Francophonie et Développement Durable (tout ça en neuf ans, encore pardon maman). Derrière ces intitulés à rallonge se cachent des parcours très enrichissants. Malheureusement, il s’est avéré que trouver un emploi dans le secteur du développement durable s’est avéré impossible à l’époque (pour tout un tas de raisons). Ainsi, fin 2017, me retrouvant désœuvré tel le renard de la Fable, je décidai d’accompagner ma compagne qui partait alors vivre à Barcelone dans le cadre de son stage.

Fraîchement arrivé dans la capitale catalane, j’eus alors pour mission de trouver un emploi (pour des questions de survie). Finalement, je finis par être embauché par une start-up devenue multinationale. Cet emploi, bien que pas du tout dans le développement informatique était tout de même orienté autour d’internet et du numérique. J’étais moi-même rédacteur web francophone là-bas et j’ai eu la chance de côtoyer toute sorte de métier, notamment des Community managers et aussi des développeurs. Je me rappelle ces personnes ayant leur propre coin de l’open space, loin de nous autres le commun des mortels, vêtues pour la plupart d’un sweat à capuche et arborant fièrement la barbe. J’ai toujours été geek voyez-vous (je jouais déjà aux jeux vidéo à l’âge de cinq ans avec Super Mario 3 sur NES, les vrais savent) et j’appréciais travailler sur un ordinateur, un luxe que je n’avais jamais eu dans mes emplois précédents où je devais marcher à longueur de journée (horrible).

Ainsi, j’ai commencé à coder tout doucement en autodidacte en plus de mon emploi à Barcelone. Au bout de quelques mois, le stage de ma compagne se terminant et moi désirant avoir une « vraie » carrière, il était temps de rentrer en France et de me lancer dans le grand bain.

Fin 2018 donc, j’ai été sélectionné par une ESN pour une formation dans le cadre d’une Préparation Opérationnelle à l’Emploi individuelle, financée par mon plus grand rab : Pôle Emploi. Cette ESN m’a ensuite donné le choix entre une formation en Java ou une formation en COBOL. Évidemment, j’ai fait le mauvais choix, j’ai choisi le COBOL, ceci car je n’avais alors pas assez de recul sur les différents langages et leurs utilités, car la formation COBOL commençait plus tôt (la glande ça va bien deux minutes) et aussi car « la demande est forte en COBOL et ce n’est pas près de s’arrêter, alors t’inquiète pas et signe stp ».

Pour ceux qui ne connaissent pas, le COBOL (à ne pas confondre avec le « kobold », cette créature mi-homme mi-rat que l’on trouve dans les œuvres de fantasy) est un langage créé en 1959, apparut donc dix ans avant le C quand même, encore très utilisé dans les domaines des banques et des assurances, car il tourne bien, reste tout de même simpliste, difficilement « crackable » et aussi car ça coûte une blinde de tout changer. A l’époque, cela devait être une vraie révolution, le langage étant même cité comme super cool dans le dernier OSS117 : Alerte Rouge en Afrique Noire.

Seulement voilà, malgré toutes ses qualités, le COBOL est peu sexy et ses capacités sont sommes toutes limitées, et n’offre que peu de créativité. Surtout, il contraste vraiment avec l’ère du temps. Une vraie faille spatio-temporelle qui nous transporterait de l’aune du XXIème aux années soixante (un doux rêve partagé par une tranche non négligeable de nos concitoyens les plus âgés, mais je digresse).

Ainsi donc, au bout de trois mois de formation, où soyons honnêtes, j’ai bien pataugé (le seul non ingénieur de la promotion, tel un glitch dans la Matrix), j’ai signé un CDI avec  l’ESN qui a dispensé la formation, puis j’ai été envoyé en prestation dans une autre ESN, encore plus grosse.

Mission accomplie du coup non, vite fait bien fait ? Contrat signé, billets verts plus que je n’en avais jamais eus, plus de problème !

Oui sauf que, comme vous avez dû le sentir, je me voyais mal faire du COBOL pendant genre, toute ma vie. À ceci s’ajoutait le fait que je me sentais assez peu à l’aise et intégré dans l’entreprise dans laquelle je me trouvais. Au bout de six mois difficiles, l’ESN dans laquelle j’étais en prestation à mis fin à ma mission, à peu près au moment où j’allais jeter l’éponge, et dans la foulée, j’ai mis un terme à ma relation avec l’entreprise qui m’avait formée.

Retour à la case départ donc.

Enfin presque, je savais que je voulais continuer dans le développement, car tout de même, j’appréciais le fait de résoudre des problèmes et de faire preuve de logique. Et puis, je ne voulais pas rester sur cet échec. J’ai donc commencé sérieusement à m’intéresser aux formations existantes dans le domaine à Lyon, avec cette fois la volonté de choisir mon destin, tout en continuant à coder en autodidacte en attendant.

Alors que le virus-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom commençait sérieusement à flamber dans l’Hexagone, j’ai été sélectionné (car j’ai payé) par un bootcamp au printemps 2019, ces formations de quelques mois en intensif qui pullulent à présent. Celui-ci avait pour but de faire de nous des développeurs full-stack, React en front-end et NodeJS en back-end, deux librairies de Javascript. « Tu verras, dès la fin de la formation, tu trouveras un emploi bien rémunéré dès la sortie de la formation, m’avait dit le recruteur, et au pire, il y a la possibilité de faire un stage ». Après tout, le marché est en demande, pas vrai ?

Sauf que cela a été une nouvelle fois plus compliqué que cela. Ce serait mentir que de dire que cette formation ne m’a rien appris : mon niveau à la sortie était à des années lumières de celui que j’avais lors du premier jour. Nous avions obtenu un assez bon niveau en React, nous étions capables de réaliser des sites web. Après tout, c’était suffisant, non ?

Et bien non, sur les onze personnes que nous étions, une seule a réussi à trouver un emploi – car elle avait déjà un passif dans le domaine -, et seulement deux ont trouvé un stage (dont un des deux n’a rien donné par la suite). Bien sûr, la conjoncture n’était pas au beau fixe : nous sortions du premier confinement et c’était le début de l’été. Mais là n’était pas entièrement le cœur du problème. Ces formations courtes ne sont tout simplement pas adaptées à la réalité du marché. Les entreprises sont assez peu friandes des juniors très juniors (ce qui s’entend tout à fait) : le marché étant à présent inondé de juniors, les structures ont rehaussé le prix de leur ticket d’entrée.

Après l’avoir compris, je me suis dit « qu’à cela ne tienne ! », à moi donc de rehausser mon niveau pour obtenir plus de visibilité. J’ai donc passé plusieurs journées d’été (pas beaucoup car il faisait beau) à développer un portfolio en React (jeremy-potel.fr), hébergé sur OVH et qui retraçait l’ensemble de mes projets développés lors du bootcamp ainsi que quelques petits jeux. Bien que très moche, il permettait tout de même de montrer que j’avais l’envie, et que je savais mener des projets à bien. En somme, je n’étais qu’un diamant brut attendant simplement d’être taillé.

Cela n’a toutefois pas suffi, et au moins d’octobre 2019, j’ai jeté l’éponge. J’étais tout de même dégouté, car je voulais vraiment progresser en développement (et aussi car le bootcamp m’avait coûté toutes mes économies, high risk high reward comme on dit). J’avais repris un emploi de rédacteur avec pour vague ambition de continuer le développement en autodidacte le soir jusqu’à ce que ça morde.

C’est là qu’est arrivée l’occasion tombée du ciel : une ancienne copine du bootcamp a réussi à décrocher une place dans la toute première promotion d’une alternance de dix mois full-stack Java/Angular, délivrée par une ESN à Lyon, et m’a rencardé sur le plan (Eva, si tu lis ces lignes, sache que tu as ma gratitude éternelle).
Enfin l’opportunité d’apprendre le Java, telle une revanche sur le passé, mais aussi d’enrichir mes compétences avec un autre framework JavaScript, m’intéressait particulièrement. C’est ainsi que, par un hasard total, je me suis retrouvé alternant dans une entreprise du domaine de l’énergie.

Sachez que cette formation a été une réussite totale : les cours dispensés étaient de qualité légendaire, et mes missions en entreprise étaient encadrées par une équipe technique de développeurs vraiment, vraiment balaises.
Il est vrai que les premiers mois en Angular ont été plus que compliqués : Angular comporte des notions que je n’avais jamais étudiées auparavant, telles que les classes ou le typage (mais qui sont naturelles si l’on vient, par exemple, du Java). Mais je me suis accroché en serrant fort les dents.
Le niveau d’exigence demandé par mon ancien client, mais aussi les projets de formation, m’ont fait repousser mes limites tel un saiyan. J’ai également gagné en confiance et en expérience, ce dont j’avais bien besoin pour me conforter dans cette voie que j’avais choisie des années auparavant (déjà).

Cette formation en alternance a ainsi fait toute la différence : ma messagerie LinkedIn s’est très vite remplie de propositions de recrutement sur la fin, tandis que mon téléphone sonnait sans discontinuité — entretiens, tests techniques…
Pour cette opportunité qui m’a été offerte, je tiens d’ailleurs à remercier chaleureusement une nouvelle fois les équipes avec lesquelles j’ai pu travailler, pour leur pédagogie et leur patience à mon égard.

Mon choix s’est ensuite porté vers Nakama (anciennement Sirius ITC), car j’ai eu en face de moi des personnes humaines, à la bienveillance manifeste et une structure à taille humaine, ce que je recherchais, et leur nom fait penser à One Piece en plus (j’en ai profité pour refaire un nouveau portfolio à ce moment là, à l’aspect Cyberpunk 2077).

Je suis à présent, comme je l’ai dit au début de cet article, en mission chez un client lyonnais. Ce serait malhonnête de dire que je n’appréhendais pas au début. Allais-je vraiment être à la hauteur pour ce premier « vrai » emploi en tant que développeur, après cette mission COBOL qui s’était terminée en eau de boudin ? Et si on me demandait de faire de l’asynchrone ? Ou encore pire… des regex ?
Finalement, ce stress n’a pas eu lieu d’être : je suis aujourd’hui bien intégré chez ce client et tout à fait à la hauteur (je n’ai pas encore été convoqué, en tout cas). Je suis même amené, à de nombreux moments, à être plus qu’un simple junior, et je me surprends moi-même de toutes les connaissances et bonnes pratiques que j’ai pu engranger au cours de mon parcours.

Bien sûr, le métier de développeur est un apprentissage sans fin, ce qui fait aussi tout son attrait : on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Prochaine étape pour moi : full-stack !

Bref, s’il fallait conclure, vous avez tout à gagner à vous lancer dans le développement informatique. Il suffit de s’accrocher, de se renseigner sur les réalités du secteur et des technologies… et de s’accrocher (oui, je le répète, car c’est la qualité numéro uno).

– Jeremy Potel